À peine, trois ou quatre pommes de haut

Je jouais au ballon, j'cognais du marteau

J'm'amusais avec des p'tites autos

À ériger des ch'mins, des tunnels, des radeaux

Qui dérivaient lentement, jusqu'à St-Malo

N'ayant pour me couvrir, qu'une veste à carreaux

Dieu qu'j'avais peur, de tomber à l'eau

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Tous les étés, chez Pépère Nadeau

Au bout du rang, d'un village si beau

J'filais en courant, ou bien à vélo

Sur l'long d'la grève, de la plage Imbeault

Avec  Denis, d'la Rue des Bouleaux

Dieu qu'j'avais peur, de tomber à l'eau

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Lors d'une balade, au Lac Osisko

Avec Benoit, Junior et Hugo

Me voilà tenue, d'grimper dans c'bateau

Crispée, apeurée, agrippée à mon grand frère Sarto

Qui m'tenait dans ses bras, quand j'éclatais en sanglots

Dieu qu'j'avais peur, de tomber à l'eau

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De mes yeux d'enfant, plus énorme qu'un paquebot

Dans mon imaginaire, jamais vu de si gros

J'angoissais, j'étouffais en dessous d'mon paletot

C'que j'étais effrayée d'me retrouver au fond d'leau

Dieu qu'j'avais peur, de tomber à l'eau

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Accroupie dans l'fond, à côté d'Shadow

L'ami canin, d'mon cousin Arnaud

J'ai collé sur mon coeur, mon p'tit sac à dos

Qui contenait mes trésors, mon jeu d'dominos

Ma poitrine se serrait, comme dans un étau

Dieu qu'j'avais peur, de tomber à l'eau

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J'revis encore ce fragile passé, ou j'tenais le marteau

Les deux genoux par terre, chantonnant quelques mots

J'revois aussi, mon chaton Mao

Qui m'accompagnait, en r'gardant les oiseaux

Qui volaient, qui plannaient, au dessus des eaux

Eux n'avaient craintes, de tomber à l'eau

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J'entends parfois, l'histoire racontée, par ma tante Margot

Celle de son fils, son p'tit dernier né qui s'appelait Charlot

Qui s'laissait dandiner, sur un robuste billot

Qui a renversé, son jeune corps à l'eau

Mort noyé, d'vant les yeux de la toute frêle Véro

Dieu qu'elle a toujours eu peur, de tomber à l'eau

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J'ai souvent rêvé, de flotter sur le dos

De laisser l'soleil, tapisser ma peau

De m'laisser balancer, par le mouvement des flots

De tendre la main, au p'tit bonhomme Charlot

D'lui sauver la peau, en accrochant son maillot

J'aurais pû l'faire si je n'avais pas eu si peur, de tomber à l'eau

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LA MORT N'EST RIEN

Par Olive / Avril 2007